7 concertos pour piano de Mozart
7 concertos pour piano de Mozart
Un Théâtre d’Émotions
S’il est un domaine où le génie de Wolfgang Amadeus Mozart s'est déployé avec une liberté absolue, c’est celui du concerto pour piano. Alors que le genre est encore naissant à son époque, Mozart lui donne ses lettres de noblesse en établissant un rapport totalement inédit entre l'instrument solitaire et la masse orchestrale. Il crée ainsi un espace d'échange d'une richesse psychologique unique où chaque œuvre explore un territoire émotionnel singulier.
L'un des traits les plus saisissants de ce corpus est l'alternance entre des atmosphères profondément sombres et des élans d'une joie pure. Mozart utilise le genre pour exprimer des tensions presque théâtrales. On y croise ainsi des œuvres farouchement dramatiques et tempétueuses écrites dans des tonalités mineures, de véritables face-à-face obsessionnels et passionnés entre le soliste et l'orchestre, comme le Concerto n°20 au souffle pré-romantique, ou le monumental Concerto n°24 à la gravité tragique.
À ces tempêtes répondent des concertos profondément solaires et majestueux. Ces compositions célèbrent la lumière, la pureté des lignes architecturales et une joie de vivre communicative, à l'image de l'olympien Concerto n°21 ou de l'élégant et printanier Concerto n°17. Dans ces pages, le dialogue se fait complice, l'orchestre se parant de couleurs subtiles pour envelopper le piano.
Mais le véritable miracle mozartien réside dans ses mouvements lents. C'est là que naissent des mélodies bouleversantes, d’une beauté suspendue, capables d'évoquer en quelques notes une nostalgie indicible ou une paix absolue. Qu’il s’agisse de l'Andante du Concerto n°21 qui donne l'impression de flotter hors du temps, ou du sublime Adagio du Concerto n°23, murmuré comme une confidence douloureuse, Mozart y touche à l'universel.
Cette maîtrise ne s'est pas faite en un jour, elle est le fruit d'une évolution stylistique fascinante. On peut en observer les prémices dès ses premières audaces de jeunesse, lorsqu'il bouscule les structures traditionnelles pour imposer sa signature, comme dans le Concerto n°9. Ce long cheminement esthétique et humain trouve son accomplissement ultime dans ses œuvres de fin de vie. Le Concerto n°27, écrit l'année de sa mort, abandonne toute démonstration de virtuosité gratuite pour laisser place à une lumière crépusculaire, une sérénité douce-amère teintée d'adieu.
Concerto n°9 en mi bémol majeur K.271 "Jeune homme" ou "Jenamy"
English Chamber Orchestra, Murray Perahia, piano et direction
Concerto n°17 en sol majeur K.453
Alfred Brendel, piano, Academy of St. Martin in the Fields sous la direction de Neville Marriner
Concerto n°20 en ré mineur K.466
Nicolaï Lugansky, piano, Musica Viva Orchestra sous la direction d'Alexander Rudin
Concerto n°21 en do majeur K.467
Dinu Lipatti, piano, Orchestre du Festival de Lucerne sous la direction d'Hebert von Karajan
Concerto n°23 en la majeur K.488
Vladimir Horowitz, piano, Orchestra del Teatro alla Scala di Milano sous la direction de Carlo Maria Giulini
Concerto n°24 en do mineur K.491
Clara Haskil, piano, Orchestre des concerts Lamoureux sous la direction d'Igor Markevitch
Concerto n°27 en si bémol majeur K.595
Clifford Curzon, piano, English Chamber Orchestra sous la direction de Benjamin Britten